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A l'occasion des Journées Européennes de la Culture Juive, assistez à une conférence musicale exceptionnelle !

Dans le cadre de la 12ème édition du Mini-Festival de Musique Juive organisé par l’Office de Tourisme intercommunal de Hanau-La Petite Pierre, Pierre Frath, Professeur émérite des Universités, propose une conférence autour des langues des Juifs.


En une collaboration harmonieuse, chacune des langues évoquées est illustrée au gré de la conférence par des chants traditionnels interprétés par Madeleine Wolf, le temps d’un événement unique.

La conférence musicale en images 

11 septembre, une journée mémorable au musée, sous l’égide : 

  • des Journées Européennes de la Culture Juive, sous le thème du « Renouveau »,

  • du Mini-Festival de Musique Juive, comme chaque année organisé par l’Office du Tourisme du Pays de Hanau – La Petite Pierre et sa cheville ouvrière Christine Wolff.

14h30 : une cinquantaine de personnes affluent devant le musée pour suivre la visite commentée de Christine Wolff sur le patrimoine juif de Bouxwiller.

Les qualités de Christine sont bien connues : clarté, passion, chaleur teintée d’humour et de sourires éclatants, mais aussi connaissance approfondie de son sujet. Christine a  captivé son auditoire.

Le public ne s’y est pas trompé. Les nombreuses questions posées ont prolongé la visite jusqu’à près de 16h. Les visiteurs venaient de partout, de Colmar à Sarre-Union, en passant par un couple d’Israéliens originaires d’Argentine, qui ne comprenait presque pas le français.

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16h : Conférence musicale « Les langues des Juifs ».

L’affluence des grands jours : au moins 80 personnes avaient pris place dans la grande salle du Musée Judéo-Alsacien de Bouxwiller.

Pour commencer, Pierre Frath, professeur de linguistique émérite à l’université de Reims, a présenté un rapide historique des diverses langues pratiquées par les juifs depuis la conquête assyrienne vers 700 avant JC, puis celle de Babylone en 586 avant JC, jusqu’à celle des Romains en 70 après JC avec la destruction du Second Temple, en passant par la Dispersion avant et après celle-ci autour du Bassin méditerranéen puis de l’Europe entière. C’est l’époque du Christ et de la langue et de l’écriture araméennes, dominantes au Moyen-Orient, alors que l’hébreu de la Thora n’est utilisée que pour les rituels religieux juifs, comme c’est encore le cas aujourd’hui.

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Les Juifs de la diaspora ont adopté les langues locales, et l'hébreu a cessé d'être une langue maternelle. En revanche, il a été enseigné aux enfants, surtout aux garçons, et dans certaines régions cet hébreu biblique s'est mélangé aux langues locales. C'est le cas du yiddish rhénan, qui a été à l'origine du yiddish des pays de l'Est, et dont une des variantes est le judéo-alsacien.

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C’était le signal pour l’intervention de Madeleine Wolf, chanteuse polyglotte, qui a présenté a capella un premier chant « Di Zaposhkelekh » (les bottines) en yiddish, une chanson d’amour.

Suivaient les présentations par Pierre Frath du ladino (judéo-espagnol), de l’ivrit (hébreu moderne) et de l’araméen. Chacune de ces langues fut illustrée par notre chanteuse de sa voix chaude et grave, accompagnée d’une gestuelle expressive, pour un public suspendu à ses lèvres.

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Puis vinrent l’arabe, l’allemand et le polonais toujours chantés a capella par Madeleine, qui introduisait ses mélodies par des explications poétiques, de sorte que les gens avaient l’impression de comprendre les textes …

Pour finir, Madeleine nous a interprété un chant revendiqué par quatre cultures différentes, dont elle a chanté les quatre strophes dans chacune de ces langues : turque, azérie, persane et arménienne. Il raconte l’amour impossible entre des jeunes gens de tribus différentes … Ce final a littéralement subjugué le public, emporté par l’émotion.

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Pendant que certains versaient une larme, d’autres écoutaient les yeux fermés avec un sourire heureux aux lèvres …

Y a-t-il plus belle récompense pour l’énorme travail de préparation accompli par nos deux conférenciers ?
 

Lorsque Pierre a demandé à Madeleine « comment fais-tu pour retenir tout ça par cœur, et en 13 langues de surcroît ? » Madeleine a répondu d’un air faussement candide « quand je ne sais pas, j’invente ! » Pas dupe, la salle a éclaté de rire, en signe de complicité admirative de l’artiste.

Inutile de dire que des tonnerres d’applaudissement ont résonné longtemps dans les vieux murs du Musée Judéo-Alsacien de Bouxwiller.

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Texte et photographies : Raymond Levy