Exposition de 2016 : Les Aumôniers du vivre ensemble

La présence de soldats en armes devant les synagogues, les mosquées, les églises, nous interpelle : quelle connaissance ont les forces armées des croyances de ceux qui viennent prier dans ces lieux de culte ? Quels liens entre ces militaires et la vie religieuse ?

 

Etonnant paradoxe, l’armée française, pourtant au service d’un état laïque, doit légalement veiller à ce que chaque soldat puisse pratiquer sa religion. Un retour sur l’histoire des différentes aumôneries montre que leur évolution au cours des siècles a suivi celle de la société, parfois avec quelque retard, comme le prouve la création tardive de l’aumônerie musulmane ou l’arrivée des femmes dans les différentes aumôneries.

Le Musée judéo-alsacien de Bouxwiller, consacré à la vie juive en Alsace est un lieu privilégié pour le dialogue interreligieux. Les quatre aumôneries militaires qui coexistent au sein de l’armée française sont présentées en textes, en images et en objets : tenues et insignes d’aumônier, objets de culte et livres de prière accompagnant le soldat en campagne.

En sus des deux fonctions essentielles d’un aumônier militaire – conseil au commandement et soutien spirituel aux civils et militaires qui le souhaitent -  sont évoquées les diverses et multiples aides apportées par les aumôniers aux soldats et à leurs familles.

Les aumôniers des différents cultes catholique, protestant, israélite et musulman, affectés à la ‟ place de Strasbourg, ont développé entre eux des relations fraternelles. Créent-ils sous nos yeux, dans le respect de la laïcité, le modèle recherché du ‟ vivre ensemble ” ?

 

Le thème "Aumônier militaire aujourd’hui" a fait l’objet de débats réunissant des aumôniers de plusieurs cultes. 

 

Malou Schneider

                                                                                                                 Membre de l’AMJAB

Les symboles juifs et la symbolique des nombres dans quelques découpages papier :

Exposition de 2016 :

Les canivets - un art juif oublié

 

L’exposition sur les canivets, a pu être présentée grâce à l’aide et la collaboration et l’Association VALSIKE.

 

Lors de leurs fréquents voyages culturels juifs en Galicie (Pologne sud-est et Ukraine occidentale), plusieurs de leurs membres ont pu amener une grande collection de découpages en papier juifs. Ces magnifiques pièces proviennent du piémont de Carpates et reprennent les symboles juifs traditionnels, comme l’Etoile de David, la Mémorah, ou encore la symbolique des nombres.

Les découpages juifs en papier représentent un art populaire qui été autrefois très répandu en Europe de l’Est et étroitement lié aux pratiques religieuses du judaïsme (fêtes, mariages, naissance, protection, etc.). 

Les premières traces de cette expression artistique sacrée en Europe de l’Est datent du XIIIe siècle. Une légende parle même de son origine : En plein hiver, un courageux rabbin copiait la Torah. Mais l’hiver était si glacial que l’encre fini par geler, empêchant ainsi le rabbin de continuer son rude travail. Pour ne pas perdre de temps, le rabbin eu une idée, découper les lettres de la Torah. Et c’est ainsi qu’un né, l’art du découpage papier.

 

La diffusion de découpages s’intensifie aux XVIIIe et XIXe siècles avec la production du papier, les échanges commerciaux (entre Juifs et non-Juifs), l’influence de vitraux d’églises, mais surtout celle de matseyves, des stèles tombales sculptées juives. Les découpages juifs en papier sont un fragile et fin reflet de ces derniers.

Cet art était cultivé par les hommes, souvent des cordonniers ou autres artisans qui disposaient de couteaux appropriés. Après le découpage, le papier était colorié ou collé blanc sur un fond en couleur. Les découpages décoraient les intérieurs de maisons juives, dont principalement les murs qui donnaient vers Jérusalem, les Mizrah, les chambres des nouveau-nés ou les fenêtres. Dans le dernier des cas, les non-Juifs reconnaissaient facilement que les maisons juives ou kratchmés (les auberges juives) étaient en fête.

Cet art décoratif et fonctionnel disparu petit à petit avec la diffusion des images imprimées au début du XXe siècle, mais sont encore visibles dans les années 1920 en Galicie orientale, qui est aujourd’hui l’Ukraine occidentale.

L’art de découpages juifs a été sauvé de l’oubli après la Shoah en Israël, aux Etats-Unis et en Pologne. C’est  une ethnographe, Giza Frenkel, originaire de Lwow (Lemberg en Pologne) et plus tard, professeur de l’Université de Haïfa, qui est à l’origine de toute une école de découpages.

Aujourd’hui, Piotr passe son rare temps libre à découper le papier avec le couteau d’un cordonnier juif du village selon les motifs qui proviennent des synagogues, des kloyzleh galiciennes et de matseyves de la région.

En Pologne, cette tradition continue avec Anna Beiersdorf, Marta Golab, Monika Krajewska et Piotr Grzegorzyk.

La collection présentée au Musée judéo-alsacien a été réalisée par Piotr Grzegorzyk, conservateur au Musée Municipal de Chrzanow, ville qui se trouvait autrefois à la triple frontière historique entre la Galicie (l’Empire austro-hongrois), la Haute Silésie (la Russie) et la Basse Silésie (la Prusse). Cette ville privée eu comme dernier propriétaire un Juif polonais, Henryk Loewenfeld.

Piotr est un ami de VALISKE et un véritable gardien de la mémoire des Juifs de Chrzanow. Ce dernier peut d’ailleurs se féliciter d’avoir sauvé de la destruction le cimetière juif de la ville.

La couronne : selon Prike Avot “il y a trois couronnes : la couronne de la Loi, la couronne de prêtres et la couronne de pouvoir, mais la couronne du Bon Nom est supérieure à toutes les trois précédentes”. La couronne symbolise la Torah.

L’arbre : le repos, le deuil, l’Eden (tronc brisé, arbre couché).

Le palmier: la justice car “la justice comme le palmier” dans le Livre des Psaumes.

L’Etoile de David : symbole moderne du judaïsme, symbole contemporain d’appartenance au peuple juif, symbole du sionisme, signe de stigmatisation antisémite de victimes juives par leurs oppresseurs. D’origine kabbalistique, l’hexagramme représente entre autre l’union de deux mondes, visible et invisible, céleste et terrestre, féminin et masculin, etc. Un symbole sabbataïste, plus tard frankiste, « le bouclier de David » se répand tardivement en Europe centrale (communautés juives en Bohème et plus tard en Hongrie) et puis en Europe de l’Est, d’abord dans les fratries hassidiques, puis dans les communautés juives traditionnelles orthodoxes et même réformées.

L’aigle : la légèreté.

2 : les Tables de la Loi, le Shabbat.

3 : la sainteté.

Le Saint des Saints occupait un tiers et la Sainte Place les deux tiers du Temple toute entier. Les tapisseries avaient dix fois trois aunes de long. Il y avait trois récipients pour l’offrande, à l’autel du feu, l’autel des encens et l’Arche.

Le chevalier faisait deux fois trois bras et chaque bras avait trois boutons.

La bénédiction du prêtre était consituée de trois parties et dans l’invocation de D.ieu le mot “saint” était répété trois fois.

4 : l’univers qui comprenait à la fois le Ciel et la Terre (2X2). Le chiffre 4 connotait le Ciel comme le trône de D.ieu Le Saint des Saints avait la forme d’un cube et la sainte Place était un doucle cube en longueur. Tous els récipients du Temple de Jérusalme (exceptait le chandelier) étaient rectangulaires. Selon Ezekiel i.26-28, le chiffre quatre symbolisait la révélation divine, tandis que d’après le point de vue de Philo, cétait le chiffre de l’harmonie parfaite.

Le coq : la réconciliation.

La vigne ou la grenat : la fécondité.